Le raid Bruxelles-Ostende

Quatre Français classée premiers

En dépit des articles venimeux de certains journaux étrangers, c'est une belle victoire que nos officier viennent de remporter en Belgique. L'épreuve avait été organisée par le gouvernement belge ;il s'agissait de couvrir la distance qui sépare Bruxelles d'Ostende, soit 132 kilomètres ; elle était internationale, toutes les armées de l'Europe avaient été conviées à y prendre part, et de fait, parmi les soixante et un concurrents se trouvaient, outre les Français et les Belges, les Hollandais, des Suédois, des Norvégiens, des Anglais, des Russes, pas d'Allemands par exemple. Des sujets de L'empereur Guillaume s'étaient fait inscrire, mais leur souverain leur avait donné à entendre qu'il ne supporterait pas qu'ils ne fussent pas vainqueurs, et les Allemand n'acceptent la lutte que lorsqu'ils sont sûrs d'être les plus forts, ils déclinèrent donc l'invitation, et bien leur en a pris, car selon toute apparence, ils seraient restés assez loin derrière les vaiqueurs. Les premiers concurrents partirent à 6 h. 55 du matin, par un temps affreux, qui ne rendait pas plus agréable la route déjà très mauvaise ; à 2 h. 9, au milieu d'un enthousiasme immense, le lieutenant français Madamet; du 13e dragon, arrivait à
Ostende. Parti à 7 h.15, il avait donc effectué le parcours en 6 h. 54, soit une moyenne de 19 kilomètres à l'heure. Après lui arrivaient successivement le lieutenant Deremetz, le sous-lieutenant Raenjens, le lieutenant Romieux, tous les trois nos compatriotes. Les Belges leur ont fait un accueil des plus chaleureusement affectueux, ils semblaient heureux, ne l'ayant pas remportée, que la victoire appartînt aux Français. Plusieurs accidents ont eu lieu en route : des chevaux, poussés imprudemment par leurs cavaliers, sont morts et les journaux dont je parlais en ont profité pour taxer l'épreuve de barbarie et pour déclarer qu'elle ne démontrait rien. Elle a, au contraire, établi, d'abord la supériorité des pur-sang,l'excellente condition de nos officiers ; elle a également fixé le maximum de l'effort que l'on peut demander à un cheval, ce qui n'est pas à dédaigner, et quoi qu'on en ait dit, Courageux, le magnifique cheval du lieutenant Madamet, s'est présenté à l'arrivée en excellent état de santé.

Donc le raid Bruxelles-Ostende nous a été non seulement agréable, mais encore très utile

Le Petit Journal Illustre du 14 Septembre 1902

 

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