A L'ÉLYSÉE
La cérémonie de
transmission des pouvoirs du Président de la République
C'est sans pompe et sans apparat,
ainsi que le souhaitaient MM. Loubet et Fallières, que s'est accomplie,
dimanche dernier, à l'Élysée, la transmission des
pouvoirs.
La cérémonie, cependant, fut moins simple qu'aux États-Unis,
où tout se borne, en pareil cas, à une cordiale poignée
de mains entre le président qui arrive et celui qui s'en va.
Escorté par un escadron de cuirassiers, M. Fallières, accompagné
de ses futurs collaborateurs, est parti du Sénat et s'est rendu
à l'Élysée où M. Loubet l'a reçu dans
la salle des fêtes, au milieu des ministres et des membres de sa
maison civile et militaire.
Le Président sortant a adressé à son successeur une
de ces allocutions empreintes de finesse et de bonhomie dont il a le secret
; et M. Fallières y a répondu par un éloquent éloge
de son prédécesseur. Bref, tout s'est passé à
peu près comme l'avait fort spirituellement prévu l'auteur
de la fantaisie poétique que nous publions plus loin.
La cérémonie terminée, M. Loubet, escorté
également par des cuirassiers, a quitté l'Élysée
pour se rendre en son logis de la rue Dante, où il va pouvoir enfin,
comme il le disait récemment à un de nos confrères,
goûter, chaque fois qu'il en aura la fantaisie, « le charme
d'une bonne pipe au coin du feu ».
Le Petit Journal illustré
du 25 Février 1906
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