DANS L'ARIZONA

Un train attaqué par une tribu de Peaux-Rouges

L'an dernier, ici même, à propos de la mort de Joseph, le grand chef des « Nez-Percés », nous constations la disparition progressive et fatale de toutes les grandes tribus peaux-rouges de l'Amérique du Nord.
La civilisation américaine en a eu raison de deux façons. Elle a amené les unes, les plus pacifiques, à abandonner leurs mœurs guerrières et à se livrer à l'agriculture, à la pêche et à des travaux divers. Quant aux autres, aux irréductibles, - telle la fameuse famille des Apaches. - elle en a fait d'innombrables rafles et elle les a parquées dans des territoires de réserve dont les frontières sont soigneusement gardées par les troupes. Quiconque essaye de franchir ces frontières est canardé sans pitié.
Les tribus les plus belliqueuses ne consentirent à subir cet internement qu'après une résistance longue et acharnée. Et des révoltes ou des évasions se produisent encore de temps à autre.
Récemment, dans les solitudes de l'Arizona, un train de la South Pacifie Railway a été attaqué par une de ces tribus qui avait pu s'échapper du camp de réserve où les Yankees l'avaient parquée.
Ce fut un tableau tragique, tel que celui que Jules Verne a dépeint dans son Tour du Monde.
Les indigènes de ces régions ne sont pas moins audacieux et cruels que les Sioux, mis en scène par le grand romancier. Ce sont en général des rejetons de la race des Apaches : des Gilenos ou Apaches de la Gila, des Yakis ou des Pimas, peuplades sur lesquelles la civilisation n'a eu jusqu'ici qu'une influence, celle de leur faire adopter les armes modernes si terribles entre leurs mains.
Ce nouveau méfait des Peaux-Rouges sera, sans aucun doute, suivi d'une répression sévère et n'aura d'autre résultat que de hâter la destruction définitive de ces races belliqueuses.

Le Petit Journal illustré du 25 Février 1906