DANS LA GRANDE SALLE DES FÊTES
DU « PETIT JOURNAL »
Le groupe des Reines de
la Mi-Carême.
Sur les vieux chars ressuscités
A triomphé la Mi-Carême,
Unissant aux modernités
L'autel antique et la trirème...
Vous conterai-je les fastes de
la Mi-Carême parisienne de 1906 ?... A quoi bon !...
Le Petit Journal ne vous en a-t-il pas dit toute la splendeur
?
J'aime mieux vous rappeler que la tradition de cette fête remonte
loin déjà en notre capitale. Au dix-septième siècle,
on la célébrait brillamment à Paris. En 1659, un
riche seigneur, le marquis de Montbrun, avait organisé une «
course au faquin » en traîneaux, qui eut lieu à la
lueur des flambeaux, sur la place Royale. Ce furent les plus brillants
des jeunes seigneurs de la cour qui vinrent lutter là, travestis
et masqués.
Le roi, la reine et la famille royale assistèrent à la course,
des fenêtres d'un hôtel voisin. Le spectacle était
superbe ; il n'y avait pas moins de deux mille lanternes allumées
sur la place, et le grand feu-d'artifice qui termina la fête fut,
si l'on en croit la gazette de Loret, « de tous points admirable
».
Cette fois, c'est dans les Grandes Salles des Fêtes du Petit
Journal que se termina cette grande journée. Un banquet somptueux,
suivi d'un bal des plus animés, y a réuni les organisateurs
de la fête, les reines de Paris, des départements et de Vevey,
Rome et Madrid, et les principaux personnages du cortège.
Notre gravure représente le groupe charmant de toutes ces gracieuses
jeunes filles reines des Halles et des marchés parisiens, reines
de la dentelle et du Courgain de Calais, reines venues des nations amies,
de Suisse, d'Italie et d'Espagne.
Nous avons voulu, dans cette page, fixer la mémoire du jour heureux
où le suffrage de Paris monta, comme un doux encens, vers ces jeunes
majestés de la vertu, du travail et de la beauté.
Puissent-elles y retrouver longtemps le souvenir d'une promenade triomphale
et d'une heureuse journée!
Le Petit Journal illustré
du 1 avril 1906
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