LA CAVALCADE DE TOURCOING
Un char détruit
par un incendie
La ville de Tourcoing, le grand centre industriel où, après
le travail, on sait s'amuser intelligemment et utilement pour le plus
grand bien des malheureux, avait organisé un cortège qui
parcourait les rues, divisé en deux tronçons.
La foule se pressait, nombreuse, sur l'itinéraire de la cavalcade,
et les troncs que tendaient des mineurs en costume de travail, des pompiers
et des gymnastes, au profit des familles des victimes de la catastrophe
de Courrières, se remplissaient de gros sous et de pièces
blanches.
Pourtant, le temps était très désagréable,
car, par intervalles, il tombait de la neige, de la grêle, et le
froid était très vif.
Un accident qui aurait pu avoir des conséquences épouvantables
a marqué le départ de la section des sociétés
et chars massés au-dessus du lycée.
Le pétard qui donnait le signal de la mise en marche ayant communiqué
le feu au magnifique char des coloniaux, une vive panique s'en est suivie.
Les tentures ont flambé comme un morceau de papier tandis que les
figurants qui se trouvaient sur le char s'enfuyaient épouvantés
et que la foule poussait des cris.
Le char a été entièrement détruit. Mais heureusement,
il ne s'est produit aucun accident de personnes. Et la cavalcade, bien
que privée de l'un de ses plus beaux chars, a eu le plus vif succès
sur tout son parcours et a rempli à merveille son double but de
bienfaisance et de plaisir.
Le Petit Journal illustré
du 8 avril 1906 |