L'AGITATION RÉVOLUTIONNAIRE AU PAYS MINIER

Arrestation d' émeutiers dans les corons
A la suite des faits douloureux qui coûtèrent la vie à un officier et à de braves soldats, le gouvernement a pris des mesures énergiques pour faire cesser le mouvement révolutionnaire dans le Nord et le Pas-de-Calais.
Ce mouvement avait pris de graves proportions. Des bandes d'anarchistes, étrangers à la population minière, avaient suscité la révolution parmi ces travailleurs, placides d'ordinaire. On avait saccagé des maisons, brûlé des meules, envahi et dévalisé les boutiques des commerçants.
Et les habitants avaient été embrigadés de force, grévistes en dépit d'eux mêmes, et poussés en avant dans la bagarre.
Par ordre supérieur, l'armée assistait impassible à toutes ces horreurs. Héroïquement nos officiers et nos soldats recevaient les injures, tombaient sous les coups, mais restaient soumis à la consigne qui leur ordonnait de n'y point répondre.
Enfin, la face des choses a changé ; et l'on a coffré les meneurs. On les a cueillis dès le matin, au saut du lit, et on les à mis hors d'état de nuire.
Toute une population terrorisée par eux a pu enfin respirer.
Mais ce n'est là qu'une faible partie de la besogne qu'il faudrait accomplir.
Il reste à purger la France des éléments anarchiques qui la souillent et la déshonorent. Il reste à détruire, ces foyers de  gréviculture d'où s'échappent chaque jour des bandes de meneurs qui se répandent à travers le pays, vont partout où à éclaté quelque conflit entre ouvriers et patrons, et portent avec elles l'excitation malsaine à la révolte, au crime et à incendie.

Le Petit Journal illustré du 6 Mai 1906