PENDANT LA TEMPÊTE
Femmes de pêcheurs mettant à
l'eau le bateau de sauvetage
De terribles tempêtes ont marqué ce printemps capricieux.
Sur les rives de la Manche et de l'Océan d'épouvantables
bourrasques se sont déchaînées. Les côtes de
la Normandie, de la Bretagne, de l'Angleterre ont été particulièrement
ravagées.
A maintes reprises et sur tous les points du littoral, les sémaphores
ont arboré les pavillons noirs, signaux d'alarme indiquant qu'au
large des navires sont en détresse, et les canots de sauvetage
ont pris la mer en dépit des plus furieuses tempêtes.
Le fait qu'illustre notre gravure de huitième page montre que parmi les
populations maritimes le courage n'a pas de sexe.
La tempête fait rage ; les nuages tourbillonnent avec une vitesse
vertigineuse. Pourtant tous les bateaux du port sont sortis pour se rendre
à la pêche. A peine quelques hommes sont-ils restés
au village. Et plusieurs barques sont en péril à quelques
encâblures du port. On a sorti le bateau de sauvetage, mais les
bras manquent, pour le pousser à la mer. Alors les femmes se dévouent
; elles entrent bravement à l'eau, poussent le bateau et coopèrent
ainsi au sauvetage de leurs maris, de leurs enfants, de leurs frères.
Le Petit Journal illustré
du 6 Mai 1906
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