S. M. SISOWATH A PARIS
Le cortège du roi
de Cambodge sur la place de l' Opéra
Après avoir conquis les Marseillais par la bonne grâce de
ses saluts et de ses sourires, le roi Sisowath est arrivé à
Paris, où il a trouvé le même accueil chaleureux.
Depuis qu'il est dans nos murs, le roi du Cambodge va de surprises en
admirations. D'abord, le voyage en rapide l'a ravi et intéressé
au plus haut point. A son arrivée à la gare de Lyon, il
a manifesté tout son plaisir de retrouver les acclamations populaires
qui l'avaient accompagné dans toutes ses promenades à Marseille.
Mais ce qui a excité tout particulièrement son enthousiasme
admiratif, c'est l'escorte de cuirassiers qui entourait sa voiture.
Ces hommes bardés de fer l'ont émerveillé. Il demandait
à son interprète, le docteur Hahn, comment ils pouvaient
si bien tenir sur leurs grands chevaux, ayant une main occupée
à porter le sabre au clair, et il s'amusait de voir tous les fourreaux
de tous ces sabres battre en cadence le flanc des chevaux.
Sur les grands boulevards, il fut surpris de la hauteur des maisons. Par
des photographies, il connaissait déjà tous les monuments
de Paris, et il reconnut tout de suite l'Opéra, quand le cortège
royal passa pour la première fois devant le célèbre
monument de Garnier.
Le roi est fort bien installé, avec sa suite, dans un bel hôtel
de l'avenue Malakoff. Il a trouvé là de superbes salons
ornés de tapisseries des Gobelins ; et sa chambre à coucher
est garnie d'un beau mobilier Louis XVI. S. M. Sisowath couche dans un
lit en cuivre massif, qui servit au tsar Nicolas II, lors de son dernier
séjour à Compiègne.
Si le beau temps veut bien favoriser ce souverain des pays du soleil,
Sisowath pourra faire à son gré la sieste dans un jardin
- dont nous donnons une vue - qui, pour être moins grand que ses
jardins de Pnom-Penh, ne lui sera pas moins agréable.
Les fêtes organisées pour la visite du souverain suivent
leur cours. Le roi aura tout loisir d'admirer toutes les ressources de
notre civilisation, car i1 assistera tour à tour à une réunion
sportive, à une fête vénitienne, à une représentation
à l'Opéra et enfin à la revue du 14 Juillet, où
ses enthousiasmes ne manqueront pas de se manifester pour ces beaux soldats
de France, qui ont déjà excité si vivement son intérêt.
Le Petit Journal illustré
du 1 Juillet 1906 |