DANS LA GRANDE SALLE DES FÊTES
DU « PETIT JOURNAL »
La distribution des récompenses
aux Sapeurs-Pompiers
Avec la réception, au palais de l'Elysée, par M. Fallières,
Président de la République, la distribution des récompenses,
dans la Grande Salle des Fêtes du Petit Journal fut le couronnement
magnifique de ces fêtes qui, durant trois journées, ont retenu
l'attention sympathique de Paris.
Sous la présidence de M. Maurice Berteaux, ancien ministre de la
Guerre, vice-président de la Chambre des députés,
les lauréats du grand concours des Tuileries sont venus recevoir
les oeuvres d'art, les couronnes, les médailles qu'ils avaient
si bien gagnées et qui leur étaient offertes par le Président
de la République, le président du conseil, les ministres
de l'Intérieur, de la Guerre, des Affaires étrangères,
des Finances, de la Marine, des Travaux publics, du Commerce, de l'Agriculture,
des Colonies et par le sous-secrétaire des BeauxArts ; par MM.
Berteaux, de Selves et Lépine ; par le Conseil municipal de Paris
et le Conseil général de la Seine ; par la direction du
Petit Journal, la Fédération des sapeurs-pompiers
et l'Union nationale des sapeurs-pompiers, etc..
M. Berteaux, dans un éloquent discours, a traduit les sentiments
« d'affection et d'admiration » que la France entière
professe pour le corps des sapeurs-pompiers.
- Depuis trente ans, a-t-il dit à ceux qui l'écoutaient,
je vous ai vus, je vous ai étudiés, je vous ai suivis, me
réjouissant de vos progrès, et je vous ai toujours admirés.
Grâce au Petit Journal, qui, seul dans la presse française,
pouvait, par sa puissance, sa grande popularité et son dévouement,
vous grouper en si grand nombre, nous assistons, aujourd'hui, à
votre apothéose.
Il est facile, par vos progrès continuels, vos efforts incessants,
de constater combien l'opinion publique s'est modifiée en votre
faveur.
A voir votre tenue actuelle, votre observation de la discipline digne
de la jeune armée, votre entraînement merveilleux, que nous
sommes loin de l'ancien pompier, au casque monumental, à chenille
invraisemblable, au pantalon toujours trop court et brouillé avec
la chaussure ; vous vous souvenez de ces caricatures qui vous ridiculisaient
un peu et de ces légendes mises dans la bouche du capitaine : «
Alignez-vous en cercle autour de moi ! » La caricature est vaincue.
Aujourd'hui, les sapeurs-pompiers de France imposent le respect à
tous par la correction de la tenue, la rectitude dans la manoeuvre, leur
aspect général qui en font une véritable armée
de seconde ligne.
Vous avez aussi commandé le respect et l'admiration de tous par
votre dévouement de tous les jours, votre esprit de sacrifice et
votre abnégation.
Vous êtes, en résumé, de véritables soldats
que vos chefs sont toujours obligés de retenir et jamais de pousser
en avant. Aussi. je vous félicite de tout coeur au nom de la France
et de la République.
Puis M. Berteaux s'est adressé aux sapeurs-pompiers étrangers
et les a félicités du bel exemple de solidarité qu'ils
ont donné en venant prendre leur part des fêtes organisées
par le Petit Journal, pour la création d'une caisse de
secours immédiats en faveur des sapeurs-pompiers victimes de leur
devoir.
La cérémonie a pris fin au milieu d'ovations enthousiastes
en l'honneur du Petit Journal.
Le Petit Journal illustré
du 15 Juillet 1906
|