A BORD DE NOS ESCADRES
Exercices et distractions
de matelots
Les grandes manoeuvres navales qui viennent de se dérouler sous
le commandement en chef de l'amiral Fournier ont attiré à
nouveau l'attention sur cette autre partie de notre armée, celle
qui porte jusque sur les côtes les plus lointaines le pavillon de
la France.
On a vanté tout à tour la force, la vitesse de nos vaisseaux
et l'entrain des équipages. Ils furent mis les uns et les autres
à une rude épreuve. Mais il est intéressant de signaler,
dans la vie de nos marins, après leur rude tâche faite, la
façon dont ils emploient leurs heures de loisir.
Enfermés, pour ainsi dire, sur le bâtiment qui les porte,
ils savent trouver de multiples distractions. C'est alors que les talents
divers de chacun d'entre eux se révèlent. Les joueurs d'accordéon
ou de biniou font, profiter leurs camarades des airs qu'ils ont appris
jadis en Bretagne, au pays basque, sur la Côte-d'Azur. Et les braves
mathurins, se souvenant de celle qu'ils ont laissée peut-être
au pays et des bals où ils sont allés ensemble, se mettent
à danser entre eux.
Ou bien ceux dont l'adresse à la gymnastique est célèbre
donnent une représentation, gratuite, bien entendu, mais qui n'en
est pas moins alléchante. Ou bien encore, ils se livrent à
quelques exercices d'ensemble de leur composition dont ils offrent la
primeur aux officiers du bord.
Car - c'est un des côtés les plus touchants du métier
- il existe entre les marins et ceux qui les commandent une camaraderie,
une confiance de bon aloi qui fait, de l'équipage entier d'un navire,
véritablement une grande famille.
Le Petit Journal illustré
du 12 Août 1906
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