APRÈS LES TROUBLES INSURRECTIONNELS EN RUSSIE

Exécution de matelots révoltés

Après la dispersion de la Douma, dissoute par ordre du tzar, l'indifférence apparente du peuple russe avait fait penser que le calme ne serait pas troublé et que cette mesure d'autorité assurerait l'ordre public sur toute l'étendue de l'empire.
Malheureusement, il n'en a pas été ainsi. Ce fut d'abord en Finlande. que l'orage éclata. La garnison de Sveaborg se révolta, chassant ses officiers et s'emparant des forts ; des habitants, se constituant en garde-rouge; les soutinrent, coupant les lignes de communication ; enfin, les équipages de quelques-uns d' entre les navires envoyés contre ces rebelles se joignirent à eux.
Pour étouffer cette révolte, on dut faire appel à un nombre considérable de troupes. La lutte fut effroyable et dura plusieurs jours.
Mais à peine était-elle terminée que se manifesta, à Cronstadt, le grand port militaire de la Russie, un mouvement insurrectionnel des plus violents. A Odessa, sur la mer Noire et en Pologne, on signala également des émeutes.
Pour mettre fin à ces tentatives, le gouvernement du tzar a voulu frapper les esprits et ramener le calme par la crainte. C'est ainsi que des conseils de guerre furent constitués pour juger, séance tenante, les coupables. Une seule peine, la mort. Aussitôt le jugement, prononcé, on l'exécute. Les condamnés, après avoir reçu les derniers encouragements des popes et baisé les icones, se voient lier les mains, bander les yeux. Un peloton d'exécution est là qui attend. Un signal, les fusils crépitent et le cadavre est enlevé.

Le Petit Journal illustré du 26 Août 1906