AUX ILES ALÉOUTIENNES
Rixes sanglantes
entre Japonais et Américains
Les îles Aléoutiennes forment comme un chapelet de terres
joignant, à travers l'océan Pacifique, les côtes de
l'Alaska américain à celles de la Sibérie.
Des élevages considérables de phoques y sont installés,
d'autant plus surveillés que le phoque, animal extrêmement
utile, tend de plus en plus à disparaître.
Dernièrement vinrent aborder l'une de ces îles, l'île
Attu, trois goélettes de pêcheurs japonais. Ces derniers,
malgré la loi prohibant la pêche étrangère
dans les eaux de l'Alaska, se livrèrent à un véritable
massacre des phoques qu'ils rencontrèrent, détruisant sans
discernement et sans souci de la ruine des pêcheries. C'est ainsi,
paraît-il, qu'ils tuèrent les femelles en train de nourrir,
de telle sorte que les petits durent mourir de faim.
Un garde-côte américain, le Mac-Culloch, passait justement
par là. Voyant les Japonais en train de dépecer plus de
200 victimes, les Américains leur intimèrent l'ordre de
se rendre. Ils refusèrent et voulurent s'enfuir à bord de
leurs goélettes. Mais leurs adversaires firent feu. Quatre pêcheurs
tombèrent sur la plage ; un autre tomba d'une chaloupe et vingt-deux
furent faits prisonniers. Ils seront déférés aux
tribunaux sous l'inculpation de braconnage.
Cet incident sanglant faillit amener des complications entre le gouvernement
du mikado et celui des Etats-Unis. Mais, à la suite d'une enquête
et après échange d'excuses, l'affaire en est restée
là.
Le Petit Journal illustré
du 26 Août 1906
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