LES SURPRISES DE L'AUTOMOBILISME
Des convives qu'on n'attendait
pas
Les accidents d'automobile ne se
terminent pas toujours d'une manière tragique.
Témoin l'aventure que voici : par une de ces belles journées
ensoleillées qui firent le charme de cette fin d'été,
toute une famille était partie, emportant vaisselle et provisions,
pour déjeuner sur l'herbe.
Le coin rêvé est découvert, au bord d'un clair ruisseau
où l'on fera rafraîchir la boisson. On s'installe et l'on
attaque les victuailles avec un appétit fortement aiguisé
par la promenade et le grand air.
La route voisine n'est qu'un simple chemin vicinal peu fréquenté...
On sera tranquille... du moins on le souhaite et on l'espère.
- Allons, bon ! une auto !
En effet, une automobile vient d'apparaître, contenant trois personnes
: le chauffeur et deux voyageurs.
Elle va s'engager sur le pont, à une allure raisonnable, mais le
chauffeur a tourné trop court. La voiture heurte le talus ; l'arrière
se soulève, et voilà nos trois automobilistes lancés
comme par une fronde au beau milieu du festin improvisé.
Jurons... cris... bruit d'assiettes cassées... On se précipite
au secours des nouveaux venus, car le devoir d'humanité prime tout.
Aucun d'eux n'est blessé. L'herbe épaisse a amorti leur
chute.
Alors, la bonne humeur gauloise reprend le dessus... On rit, on fraternise,
et, de part et d'autre, on se félicite, le verre en
main, d'avoir eu plus de peur que de mal.
Le Petit Journal illustré
du 23 Septembre 1906
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