Catastrophe du fort de Montfaucon
Les soldats de la garnison de Besançon recherchant les cadavres
Besançon, on le sait, est une place forte défendue par tout un système de forts, parmi lesquels il faut citer ceux de Chaudanne, Chailloux, La-Dame-Blanche, Benoît, Planoise, Fontain, Morain, Bengille, Beau-regard, etc. Les poudrières principales celles de Montfaucon, Chaman, Taragnoz. Le fort de Montfaucon est de tous le plus important. Il se compose d' un fort principal et de trois poudrières, dont deux en dehors du fort. La troisième se trouve à l' intérieur, dans la partie qu' on appelle le fort Neuf. C' est cette dernière dont l' explosion a été ces jours derniers, déterminée par la foudre. Le fort de Montfaucon se trouve à environ 11 kilomètres de Besançon. Au-dessous à un kilomètre environ, se rencontre le petit village qui porte le même nom et qui compte environ 250 habitants. Ce jour-là, au milieu de l' après-midi, un orage terrible s' abattit sur Besançon et ses environs. Le tonnerre grondait, quand soudain, à quatre heures, une formidable explosion retentit, mettant en émoi le village. Les vitres des maisons volaient en éclats ; dans plusieurs bâtiments, les meubles étaient bouleversés et les habitants, effrayés, sortirent de leurs demeures, se dirigeant du côté du fort, où un spectacle affreux s' offrit à leurs yeux. Toutes la partie du fort qui se trouve en avant de la poudrière n' était plus qu' un inexprimable chaos de pierres, de terre, de verre, de bois et de plaques de blindage. Et dans ces décombres gisaient des morts et des blessés. Dès que la triste nouvelle fut connue à Besançon, les secours s' organisèrent. Des soldats de la garnison se rendirent à Montfaucon pour assurer le sauvetage des blessés et retirer les morts des ruines du fort. Sous la conduite de leurs officiers, encouragés par la présence de leur chefs, ces braves gens travaillèrent sans relâche au milieu des débris. Ils en retirèrent les corps de plusieurs personnes qui avaient succombé ; mais ils eurent aussi la joie de retrouver quelques-uns de leurs camarades qui n' étaient que blessés. Ceux-ci furent transportés à l' hôpital de Besançon, où ils sont maintenant en bonne voie de guérison.
Le Petit Journal illustré du 30 Septembre 1906