
AUX INDES NÉERLANDAISES
Le Rajah de Boeleleng,
dans l'île de Bali, se suicide avec quatre cents de ses sujets
Bali, où les populations viennent de se soulever contre l'autorité
hollandaise, est une île de la Malaisie située à l'Est
de Java et faisant partie de l'archipel de la Sonde. Elle a 120 kilomètres
de long sur 70 de large et une superficie de 5,575 kilomètres carrés.
Sa population est d'environ 800,000 habitants. On l'appelle aussi la Petite
Java. Sa forme et sa topographie rappellent un peu celles de la Sicile.
Elle est traversée, du Nord-Ouest au Sud-Est, par une chaîne
de montagnes volcaniques couvertes d'impénétrables forêts
et riches en minerais de fer et de cuivre. A la base de ces montagnes
s'étendent des terres d'alluvion souvent aurifères. D'innombrables
troupeaux de buffles et de chèvres paissent dans les plaines de
cette île, dont le sol est très fertile, mais dont les habitants
sont trop indolents pour le cultiver.
Bali fait partie des possessions hollandaises de l'archipel indien, sous
forme de protectorat. Elle est divisée en huit principautés
ayant toutes un gouvernement arbitraire et despotique.
Au point de vue de l'ancien culte de Java, l'île de Bali est très
intéressante à étudier, parce que c'est dans cette
île que les Hindous de Java se réfugièrent pour se
soustraire à l'invasion des Arabes et conserver leur ancienne religion.
Cette religion est un curieux mélange de brahmanisme et de bouddhisme.
Les Balinais ont conservé, pendant longtemps, la barbare coutume
de brûler les veuves sur le bûcher qui consumait le corps
de leur mari, mais, aujourd'hui, ces cas deviennent de plus en plus rares,
grâce à l'intervention des autorités hollandaises.
C'est dans l'une des plus importantes principautés de l'île,
celle de Boeleleng, qu'a éclaté l'insurrection qui vient
de se terminer par la victoire des troupes hollandaises et par un véritable
massacre volontaire des vaincus.
Après plusieurs échecs, le rajah de Boeleleng s'était
réfugié dans une forteresse avec sa famille et ses fidèles.
Sur le point d'être pris, et voyant que sa cause était perdue,
il se résolut au suicide. Les princes, les femmes et toute la maison
du rajah firent de même. Quatre cents existences furent ainsi supprimées.
Le Petit Journal illustré
du 14 Octobre 1906
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