LA FIN D'UNE FÊTE
Un jeune
viveur dans la cage aux lions
La scène terrible que nous reproduisons s'est passée en
des pays lointains. Un viveur, connu pour le faste de sa vie et ses fantaisies
de toute sorte, avait réuni plusieurs amis dans un dîner
somptueux. Tout y avait les apparences d'une fête des Romains de
la décadence, digne du pinceau d'un Couture. Mais cependant aucun
des convives ne soupçonnait la fin de ce joyeux festin.
On était au champagne, l'amphytrion fit apporter, d'une foire qui
se tenait tout près, une cage avec trois lions. Les invités,
croyant à un spectacle, se mirent à rire et à applaudir
lorsqu'ils virent le jeune homme ouvrir la porte et entrer dans la cage.
Mais ce fut une scène terrible qui suivit ; elle glaça d'horreur
tous les convives. Les bêtes féroces, excitées par
l'intrus, s'élancèrent en rugissant sur lui.
Alors, on se précipita et on retira l'imprudent avant que les bêtes
aient eu le temps de l'atteindre gravement. Il garde seulement de sa folle
équipée la trace d'une cruelle morsure au bras.
Le Petit Journal illustré
du 28 Octobre 1906
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