LA CATASTROPHE DE BIZERTE
Le sous-marin « Korrigan
»,
ayant à bord M. Thomson, ministre de la Marine, plonge à
l'endroit où s'est perdu le « Lutin ».
Un nouveau deuil a frappé
la marine française. Après le Farfadet, coulé
l'an dernier dans la rade de Bizerte, le Lutin s'est perdu dans
les mêmes eaux.
Coulé par trente-six mètres de profondeur, le sous-marin,
en dépit des efforts accomplis par les sauveteurs, en dépit
du courage déployé par les scaphandriers, n'a pu être
secouru à temps. Deux officiers et quatorze matelots ont été
victimes de cette nouvelle catastrophe.
La nouvelle, que le Petit Journal fut le premier à recevoir,
grâce à son puissant service d'informations, fut apportée
à M. Thomson, ministre de la Marine, par un de nos collaborateurs.
Et tout de suite, M. Thomson témoigna sa volonté d'aller
à Bizerte rendre un suprême hommage aux victimes.
Il s'y rendit, en effet, et monta à bord du Korrigan,
sous-marin du même modèle que le Farfadet et le
Lutin. Sur les lieux mêmes où ce dernier s'est perdu,
le Korrigan effectua une plongée qui dura onze minutes,
au milieu de l'émotion intense des assistants qui regardaient ce
funèbre pèlerinage.
Puis, lentement, la passerelle du Korrigan a émergé
; ensuite, la plateforme, et lorsque, le capot ayant été
ouvert, M. Thomson est apparu, toutes les têtes se sont découvertes
spontanément, et sans aucun commandement.
Le Petit Journal illustré
du 4 Novembre 1906
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