LE GUET-APENS DE L'ADRAR
Un détachement
français assailli par les Maures, à Tidj-Kadja. - Deux officiers
et deux sous-officiers tués.
C'est dans cette mystérieuse, Mauritanie, où, l'an dernier,
fut assassiné M. Coppolani, commissaire du gouvernement français,
que s'est produite l'agression représentée dans notre gravure.
Cette agression doit être considérée comme une manifestation
de la propagande anti-française qui s'étend, en ce moment,
par tout le Maroc et jusqu'aux territoires de l'extrême Sud.
L'affaire s'est passée devant notre poste de Tidj-Kadja, ancienne
capitale du Tagaut, qui est le plus extrême de nos établissements
de la Mauritanie, confinant presque au Sud marocain.
Fait notable, c'est au même point que, le 12 Mai 1905, M. Coppolani
fut assassiné par un groupe de Maures dissidents.
On a tout lieu de croire que ce sont les mêmes individus qui se
sont rendus coupables de ces deux guet-apens.
Les Maures étaient plus de cinq cents, armés de fusils,
lorsqu'ils assaillirent une reconnaissance, composée de tirailleurs
sénégalais, commandée par des officiers et des sous-officiers
français.
Le combat fut acharné de part et d'autre. Finalement, les assaillants
furent mis en déroute et s'enfuirent, laissant sur le terrain cent
cinquante morts, parmi lesquels trois chefs et cinq fils d'un autre chef.
Malheureusement, nos pertes furent graves : deux officiers, les lieutenants
Andrieux et Deauville de Frayssus, deux sous-officiers et seize miliciens
tombèrent sous les balles ennemies.
A la nouvelle de ces déplorables événements, le ministre
des Colonies a chargé M. Roume, gouverneur général
de l'Afrique occidentale, de prendre de sérieuses mesures pour
enlever aux indigènes soulevés toute idée de recommencer
leurs attaques ; les postes de Mauritanie seront renforcés et les
Arabes fanatisés refoulés loin de nos possessions.
Il est bon de dire que le poste de Tidj-Kadja, si éprouvé
qu'il ait été, n'a pas été enlevé,
que nos troupes n'y sont point cernées par un ennemi menaçant,
puisqu'elles peuvent expédier des dépêches et donner
des renseignements sur leur situation ; elles ont ainsi pu faire savoir
au gouverneur par intérim qu'elles ne manquent ni de vivres ni
de munitions. Le capitaine Tissot, qui commande le poste, a, du reste,
fait connaître qu'il était en état de résister
à une attaque éventuelle.
Le Petit Journal illustré
du 18 Novembre 1906
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