SUR LA FRONTIÈRE ALGÉRO-MAROCAINE

Un détachement français châtie une troupe de pillards marocains
Tandis que, sur les territoires qui confinent au Sud du Maroc, nos troupes ont à craindre sans cesse des guet-apens semblables à celui dont nous venons de rendre compte, les indigènes du Tafilalet, soutenus par les autorités marocaines, continuent, sur notre frontière algérienne, leur campagne de vols et de brigandages.
Récemment, nous montrions, ici même, les agitateurs musulmans prêchant contre nous la guerre sainte à ces populations fanatiques.
En attendant que la révolte prenne une tournure plus grave, les Marocains pillards y préludent par des vols continuels. C'est ainsi que, récemment, aux environs de Colomb-Béchar, un « djich » composé d'indigènes du Tafilalet s'est emparé d'un troupeau de vingt chameaux et s'est enfui, après ce vol commis, pour repasser au plus tôt la frontière.
Heureusement, une reconnaissance, partie de Béchar, sous les ordres du capitaine Descoins, parvint, après une poursuite de 200 kilomètres, à rejoindre les agresseurs, les surprit dans leur douar, leur infligea une rude leçon et ramena toutes leurs prises.
Ainsi, de toutes parts, au coeur du Maroc comme sur les frontières, l'existence et les propriétés de nos nationaux sont menacées sans cesse par les sujets du Maghzen ; et, malgré les efforts de notre diplomatie, malgré les mesures prises par le général Lyautey, la situation s'aggrave chaque jour et semble devoir nécessiter finalement une intervention énergique.

Le Petit Journal illustré du 18 Novembre 1906