AU CONGO FRANÇAIS

L'Eléphant dressé au labour.

Si l'on n'y prend garde, l'éléphant d'Afrique est entrain de disparaître. On en fait un massacre acharné afin de tirer profit de l'ivoire de ses défenses.
Ferait-on pas mieux de le domestiquer comme où l'a fait dans l'Inde, et d'utiliser au portage et aux travaux agricoles cet animal dont l'intelligence égale la force.
C'est ce qu'ont compris quelques officiers français qui ont entrepris au Congo le dressage de L'éléphant.
Un éléphant qui, mort, ne vaut que 1.000 francs, vaudra, s'il est domestiqué : l° cette même somme qu'on trouvera toujours à sa mort, naturelle ou accidentelle ;
2° une valeur marchande moyenne de 4.000 à 5.000 francs ; 3° les services rendus et l'économie de main-d'oeuvre réalisée pendant les vingt ans moyens de son utilisation.
Ces quelques chiffres donnent une idée précise de l'importance du problème, et démontrent combien il est urgent de protéger contre les stupides massacreurs qui le détruisent, cet animal qui peut devenir le plus précieux auxiliaire de nos officiers, de nos explorateurs et de colons.

Le Petit Journal illustré du 15 Janvier 1911