CEUX QUE NOS SOLDATS COMBATTENT
DANS LE CENTRE AFRICAIN

Les « Cuirassiers » du Ouadaï.
Une photographie récente de l'héroïque lieutenant
Delacommune représente un cavalier du Ouadaï, équipé
comme les légendaires cuirassiers du Bornou, de l'Adamaoua et
autres sultanats africains.
Cette cavalerie noire avait déjà été rencontrée
par la mission Tilho dans le Bornou, par le Dr Nachtigall dans le Tibesti
; et le lieutenant Mizon, pendant le séjour qu'il fit dans l'Adamaoua
en 1891, avait pu l'examiner à loisir à Ngaoundéré,
capitale des états du sultan Mohammed fils d'Abo.
Des corps entiers de cavaliers bardés de matelassures ouatées
et piquées lui firent escorte, et c'est là qu'il vit pour
la première fois le curieux escadron de cuirassiers couverts
de heaumes, d'armures du moyen âge, qu'il baptisa les «
Cavaliers Foulani. »
Nos intrépides Sénégalais manoeuvrèrent
amicalement avec ces singuliers guerriers ; mais maintenant c'est à
coups de fusil qu'ils luttent et brisent leurs charges folles.
La balle du Lebel traverse aisément ces cottes d'armes, impénétrables
aux coups de sabre ou de lance des tribus africaines.
Le Petit Journal illustré
du 5 Février 1911