LES VINGT-CINQ ANS DE LA TOUR
EIFFEL

Son utilisation actuelle pour la télégraphie
sans fil
La Tour Eiffel a vingt-cinq ans.
Commencée le 28 janvier 1887, ses fondations étaient terminées
le 30 juin ; le montage de la partie métallique était
achevé le 31 mars 1889 ; l'aménagement et la décoration
le 17 mai suivant. Deux ans, quatre mois et huit jours avaient suffi
pour l'élever. Jamais entreprise aussi considérable ne
fut conduite avec autant de rapidité et de précision.
Rappelons quelques chiffres concernant cette construction géante.
Le poids des fers et fontes de l'ossature de la Tour est de 7.500.000
kilos, mais son poids total, y compris planchers, constructions, ascenseurs,
etc., s'élève à 9 millions de kilogrammes. Le nombre
des rivets est de 2 millions et demi, dont 800.000 ont été
posés sur place.
Toutes les pièces métalliques, au nombre de 12.000, ont
été amenées de l'usine à pied d'oeuvre,
percées de tous leurs trous et entièrement terminées.
Le montage n'a jamais occupé plus de 300 ouvriers.
La dépense totale a atteint 6 millions 500.000 francs.
M. Eiffel avait reçu de l'État une subvention de 1.500.000
francs et de la Ville la concession du terrain. Mais la propriété
de la tour ne lui appartenait que pour vingt années, à
dater de la clôture de l'Exposition.
La recette de l'année de l'Exposition s'est élevée
à 7 millions et demi, de sorte que le capital fut immédiatement
remboursé aux actionnaires.
Lorsqu'il y a quelques années, la propriété de
la Tour revint à la Ville, il fut un moment question de la démolir.
Certaines personnes réclamaient cette démolition au point
de vue de l'esthétique. Heureusement, la Tour fut sauvée
par les savants. Observatoire météorologique des plus
précieux, la Tour, au lendemain de la mise en pratique de la
télégraphie sans fil, se trouva être d'un merveilleux
emploi pour l'utilisation l'industrie nouvelle. C'est de là que
Paris aujourd'hui, converse avec le monde. Et la Tour Eiffel, dont les
constructeurs, naguère, n'avaient pu prévoir cette utilité
nouvelle, se trouve à présent préservée
de la destruction par le fait qu'elle est définitivement liée
à un des plus grands progrès de l'humanité.