LES VILLES MARTYRES

REIMS

Nous consacrerons dorénavant une pages de chacun de nos numéros aux villes martyres, aux villes martyrisées, pillées, bombardées, incendiées par les Barbares envahisseurs.
Nous donnons aujourd'hui plusieurs vues des monuments de Reims sur lesquels s'acharna la sauvagerie teutonne.
Reims, l'une des plus anciennes, des plus riches, des plus belles villes de France, la ville élue de notre histoire, a été occupée, bombardée par eux. Et, comble d'infamie ! sans raison d'aucune sorte, sans nécessité militaire, pour satisfaire uniquement leurs instincts brutes, ils ont détruit l'admirable cathédrale du treizième siècle, le plus parfait, le plus achevé de nos monuments gothiques.
« Pendant deux jours, sans arrêt, dit un témoin, la cathédrales, visée par leurs bombes, a fini par être incendiés. Nous avons assisté a ce sacrilège, et les larmes aux yeux d'émotion, nous avons regardé ce spectacle épouvantable de notre belle cathédrale en flammes. Heureusement, les quatre murs et les tours sont restés debout et la voûte de la nef résisté, mais le feu a carbonisé bien des sculptures, brisé les vitraux en partie et détruit toute la toiture. C'est la honte des Allemand, et le monde entier les en méprisera davantage encore. »
Comment, en effet, le monde civilisé pourrait oublier pareil forfait ?

Le Petit Journal illustré du 4 octobre 1914