Les villes martyres

TERMONDE

C'était une riante petite ville paresseusement étalée sur la rive de l'Escaut, au milieu de prairies verdoyantes.
Les Allemands en ont fait un monceau de ruines. Ils ont tout saccagé, tout brûlé, bombardé l'église Notre Dame, le délicieux Hôtel de Ville, à cinq pignons, qui datait du quatorzième siècle, l'élégant bâtiment de la même époque qui servait jadis de halle aux draps et qui avait été aménagé pour recevoir le Musée de la ville.
A Termonde, plus que partout ailleurs, fut appliquée cette organisation méthodique d'incendie dont nous parlions dans notre dernier numéro. La pompe à pétrole, montée sur automobile, parcourut les rues, aspergeant les maisons, tandis que dans les ruelles, des soldats chargés de réservoirs portatifs remplissaient le même office. Après quoi, à l'aide de bâtons phosphoreux et de grenades incendiaires, le feu fut mis partout,
En moins de deux heures toute la ville fut en flammes.
Comme pour Louvain, on connaît le nom de l'auteur responsable de ce crime. C'est le major Sommerfeld.
Nous espérons qu'au jour de d'expiation, ce bandit ne sera pas oublié.

Le Petit Journal illustré du 18 octobre 1914