Les villes martyres

TERMONDE
C'était une riante petite ville paresseusement
étalée sur la rive de l'Escaut, au milieu de prairies
verdoyantes.
Les Allemands en ont fait un monceau de ruines. Ils ont tout saccagé,
tout brûlé, bombardé l'église Notre Dame,
le délicieux Hôtel de Ville, à cinq pignons, qui
datait du quatorzième siècle, l'élégant
bâtiment de la même époque qui servait jadis de halle
aux draps et qui avait été aménagé pour
recevoir le Musée de la ville.
A Termonde, plus que partout ailleurs, fut appliquée cette organisation
méthodique d'incendie dont nous parlions dans notre dernier numéro.
La pompe à pétrole, montée sur automobile, parcourut
les rues, aspergeant les maisons, tandis que dans les ruelles, des soldats
chargés de réservoirs portatifs remplissaient le même
office. Après quoi, à l'aide de bâtons phosphoreux
et de grenades incendiaires, le feu fut mis partout,
En moins de deux heures toute la ville fut en flammes.
Comme pour Louvain, on connaît le nom de l'auteur responsable
de ce crime. C'est le major Sommerfeld.
Nous espérons qu'au jour de d'expiation, ce bandit ne sera pas
oublié.