LES VILLES MARTYRES

Dinant, Liége, Charleroi, Visé,
après le passage des Allemands
Combien, après la guerre restera-t-il
de villes belges qui n'auront pas de titres à porter ce nom de
villes-martyres ?... Il en restera bien peu. Presque toutes ont souffert
de l'abominable brutalité, de la cruauté, de la barbarie
de l'envahisseur.
Si Louvain, si Termonde ont été plus cruellement frappées
que les autres, il en est pas moins vrai que partout demeurent des traces
de l'impitoyable férocité des Allemands.
Voyez cette jolie petite ville de Dinant. La vue en était si
riante quand on arrivait de la gare et qu'on apercevait le clocher bulbeux
de son église se détachant sur le fond des rochers. Pauvre
église, pauvre clocher, pauvre pont, pauvres maisons jolies qui
bordaient la Meuse ! Tout cela n'est plus que décombres.
Voyez ce qu' il ont fait à Liége. Alors que leurs troupes
occupaient la ville, ils incendiaient plusieurs maisons voisines de
l'Université, et ils en fusillaient les habitants sans raison.
A Charleroi, de même, ils brûlaient pour le plaisir. A Visé,
ils détruisaient et massacraient de même ; et, de la gracieuse
petite ville, ils faisaient un monceau de ruine
Tout cela est abominable et tout cela ne doit pas être oublié.
C'est pourquoi nous nous rangeons à l'avis de notre confrère
la Métropole d'Anvers qui invite ses compatriotes à
faire ériger, après la libération du territoire,
dans toutes les villes et dans tous les villages où les Allemands
commirent des atrocités un monument commémoratif mentionnant
les forfaits commis et le nom des victimes. « Ce témoignage,
dit la Métropole perpétuera le souvenir de nos
souffrances, l'héroïsme de nos martyrs, l'ignominie de nos
bourreaux. Il faut que partout, en Belgique, où ces crimes furent
commis, se dresse ce terrible mémento -- à la
fois mémento de gloire pour les victimes et d'opprobre
pour les assassins.