UNE FÊTE ARABE SUR LE
FRONT

C 'est le docteur Vaugien, médecin d'un
régiment de marche spahis qui a fait le récit de ce divertissement
original :
« Ce soir-là, racontait-il, vers huit heures et demie,
le dîner était achevé. Il vint alors à d'idée
de quelques officiers et de quelques hommes de s'amuser un peu. Immédiatement
la flûte arabe fut exhumée du paquetage. Les flûtes
en roseau du départ étaient perdues ou brisées.
Les flûtistes en ont fait avez les morceaux de lances métallique
de uhlans trouvées dans les champs. Le tableau était superbe.
Au milieu d'un grand cercle où brûlaient deux feux, les
musiciens avaient pris place. Flûtistes et guellalis se servaient
de leurs bidons individuels comme de tambourins.
Au premier rang, quelques officiers et sous-officiers autour des hommes
assis ou debout et surtout beaucoup d'hommes de l'infanterie, que ce
spectacle étonnait. Le tout éclairé par un superbe
clair de lune.
» Au milieu du cercle, les chanteurs et danseurs se succédaient
au milieu des applaudissements des assistants. Tout le monde était
content et de bonne humeur et sans le bruit du canon qui mêlait
sa voix à la musique, on se serait cru à une fête
arabe donnée chez un caïd. La fête ne prit fin qu'au
moment où l'on rentra au cantonnement.
» Vous voyez que, malgré, les mauvais jours qu'ils ont
eus, les spahis ont conservé leur bonne humeur et leur excellent
moral. »
Le Petit Journal illustré
du 20 décembre 1914