UN SERBE BRÛLÉ VIF PAR LES AUTRICHIENS


Parmi les Serbes, établis à l'étranger, qui étaient accourus s'enrôler dans l'armée au début des hostilités contre l'Autriche-Hongrie, se trouvait un étudiant de la faculté de Lausanne, nommé Iovan Jivanovitch, d'origine bosniaque.
Fait prisonnier par les Autrichiens à la suite d'un combat en Bosnie, où' il avait été blessé, Iovan Jivanovitch fut emmené à Sebrenitza, avec un certain nombre de ses camarades. Les autorités militaires autrichiennes avant appris l'origine bosniaque de Iovan Jivanovitch, le condamnèrent à mort, et décidèrent, pour que son supplice servit d'exemple, qu'au lieu d'être pendu, il serait brûlé vif. L'abominable sentence a été a exécutée sur la place publique de Sebrenitza, en présence de tous les autres prisonniers serbes et de plusieurs pris en centaines d'habitants de la région, pris en otages par les Autrichiens.
Iovan Jivanovitch, dont le courage ne se démentit pas un instant, voulut, pendant que l'on procédait aux préparatifs de son supplice, adresser quelques mots aux camarades et amis qui l'entouraient, mais à peine avait-il eu le temps de s'écrier que sa mort ne serait pas inutile, qu'il était abattu d'un coup de crosse, saisi par plusieurs soldats autrichiens, et jeté dans le brasier.

Le Petit Journal illustré du 27 décembre 1914